ACCUEILLes membresBlog
Rejoins nous

Retour au blog

Apporter du phosphore et stimuler la vie du sol

Posté le 
16/3/2020
 par 
Loan Wacker

Quand on est dans une démarche Semis Direct sous couvert (SDSC), il est important de maximiser les services rendus par l’activité biologique pour minimiser les apports d’intrants.

Dans cet objectif, les engrais apportés sur la parcelle ne servent plus seulement à nourrir la plante mais aussi la vie du sol.

De manière générale, la fertilisation minérale est antagoniste à la vie du sol

La plupart des engrais minéraux solubles ont un effet négatif sur la vie du sol et notamment sur les mycorhizes comme on l’a abordé dans cet article. Les bactéries de la rhizosphère solubilisant le phosphore sont aussi affectées par l’apport de phosphore minéral.

De manière générale, la nature est fainéante. Si on substitue une fonction naturelle par un apport de synthèse, la fonction naturelle va s’atrophier.

Comme l’apport d’engrais détériore la vie du sol, il supprime certaines fonction naturelles. Ça peut être un cercle vicieux.

L’objectif d’un système régénératif est de stimuler la vie du sol jusqu’à ce que le système nourrisse naturellement la plante de façon équilibrée, et que les intrants servent à ajuster le système à la marge.

Plusieurs familles d’engrais phosphatés sur le marché

Il existe 3 grandes familles de phosphate

  • Les engrais phosphatés solubles qui globalement sont produits à partir de phosphates broyés et d’acide sulfurique ou d'ammoniac. Dans cette famille on retrouve les DAP, MAP, superphosphate etc…
  • Les engrais phosphatés non solubles comme les phosphates broyés etc…
  • Les matières organiques riches en phosphore comme les fientes de poules etc…

En agriculture de façon générale, on a tendance à préférer l’usage de phosphates solubles qui sont plus facilement assimilables pour la plante.

Mélanger phosphate et fumier, une piste pour enrichir le sol en phosphore sans endommager la vie du sol

Dans les sols pauvres en phosphore l’enjeu est donc d’apporter du phosphore sans nuire aux fonctions biologiques du sol.

Une des pistes développées par une unité de recherche au Kenya est de combiner un apport de phosphore minéral avec un engrais organique pour éviter d’atrophier les fonctions biologiques. Les résultats sont convaincants et s’appliquent aussi en climat tempéré. Voici le résumé de leur étude.

L’objectif de l’étude est de comparer plusieurs modalités d'amendements phosphatés et azotés et de comparer leur effet sur la nutrition de la plante, le stockage du carbone dans le sol et l’activité biologique liée à l'absorption du phosphore pour la plante.

On compare l’apport de 60 unités de phosphore sous plusieurs formes. 60 unités de superphosphate (minéral soluble), de roche broyée (minéral non soluble), d’un mélange de roche broyée, de fumier et de tournesol (qui immobilise le phosphore avec de la roche broyée). L’essai est conduit sur deux années consécutives.

Pour étudier l’activité biologique, les chercheurs ont mesuré l'activité de l’enzyme phosphatase acide. Ces enzymes présentes dans le sol grâce aux bactéries rendent le phosphore disponible pour la plante. Il existe différentes enzymes qui fonctionnent en milieu acide ou en milieu alcalin (basique).

Sur le graphique on ne voit pas vraiment de différence. Intéressons nous aux statistiques.

Il y a une différence significative de l’activité de l’enzyme phosphatase entre la modalité témoin et la modalité traitée avec un mélange de fumier et de phosphate broyé. L’activité de l’enzyme est stimulée par l’apport du mélange fumier + phosphate broyé.

Au contraire dans cet essai les modalités à base de superphosphate et surtout les mélanges CAN (engrais azoté) + superphosphate diminue significativement l’activité de la phosphatase.

L’apport de phosphate broyé seul ne parvient pas à stimuler l’activité de l’enzyme phosphatase. L’hypothèse la plus probable est qu’il faut du carbone pour stimuler cette enzyme.

Une méthode confirmée sur le terrain

Aux Etats-Unis, l’équipe de Regen-Ag a développé cette technique sur le terrain. Les résultats sont probants. En mélangeant du phosphore non-soluble avec du fumier, les résultats sont équivalent à l’utilisation de phosphate soluble, mais sans atrophier les fonctions biologiques.

En résumé  

  • La fertilisation minérale à tendance à être antagoniste aux cycles biologiques des nutriments
  • Un mélange phosphate broyé + fumier. Permet de nourrir la plante en phosphore sans atrophier les fonctions biologiques.
  • Avec l’équipe AgroLeague nous travaillons sur les apports foliaires qui reste la piste la plus prometteuse en terme de nutrition.
Retour blog

pour nous rejoindre

C'est par ici