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Maxime

Eure-et-Loir

" Je suis revenu directement sur la ferme familiale en 2013 après avoir fini mon BTS ACSE. C’est un regroupement de 4 structures qui fait 450 ha au total, répartis sur 3 départements (le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Eure-et-Loir). Pour le moment, je suis salarié agricole et travaille avec mon père. Nous cultivons des grandes cultures (blé tendre, blé dur, orge de printemps, maïs grain, colza, féverole) et des cultures industrielles (pomme de terre, oignon, betterave) sur 180 ha.

Quand je suis arrivé, on labourait une année sur deux, sinon tous les ans, et parfois même à 2 tracteurs tirés par une chaîne (car 1 seul tracteur ça n’avançait plus). Je voyais bien l’impact de ces pratiques sur le sol et ai commencé à réellement me questionner sur nos méthodes il y a 3 ans. J’ai regardé des vidéos en ligne et fait des formations afin d’avoir le plus de bases théoriques pour avancer.

Je suis littéralement passé par tous les axes de réflexion : de « on laboure depuis 2000 ans, je ne vois pas pourquoi changer » à « la seule technique qui est viable sur le long terme c’est le moins de travail du sol possible et des couverts végétaux performants ».

Très peu d’agriculteurs dans le secteur s’intéressent aux techniques de réduction du travail du sol, donc avant AgroLeague on n’osait pas se lancer. Au départ, mon père ne croyait pas à ces techniques, il a fallu lui prouver que ça pouvait marcher. Il n’a cependant jamais été le genre de personne à se contenter de sa routine. On a toujours été une ferme « moteur » dans le secteur. Il y a 30 ans par exemple, nous étions parmi les premiers à nous lancer dans la production de pomme de terre en Beauce.

Aussi, nous avons presque toujours mis en place des couverts végétaux. Toutes nos terres étaient couvertes en interculture, même avant la réglementation sur les cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN). C’était essentiellement des couverts réglementaires de moutarde. Nous avons depuis bien approfondi la réflexion.

Le déclic est vraiment arrivé il y a un an lorsque j’ai rejoint AgroLeague. J’ai connu le groupe par une amie qui est la fille d’un membre historique dans le Sud-Ouest. Depuis, on avance plus en confiance. On a participé à 4 tours de plaine, le dernier étant chez Noël Deneuville, un agriculteur avec beaucoup d'expérience. Ce qui est intéressant dans la dynamique de groupe c’est de voir des exemples intéressants de systèmes où ça fonctionne. Le fait de voir que ça marche depuis 25 ans chez un agriculteur et que les cultures et les sols sont superbes, ça donne de l' espoir.

Pour le moment, on fait des essais. Cette année on ne va labourer que 20 ha sur les 180, devant pomme de terre et betterave. Tandis qu’avant, on était plus autour des 150 ha labourés annuellement. Comme on produit de la pomme de terre consommation, les exigences de qualité sont strictes. Cette année nous allons faire un essai d’1 hectare de pomme de terre sans labour sur les 10 ha au total, on ne peut pas se permettre économiquement de prendre trop de risques. Le principe est donc de sauvegarder le sol pendant 6 ans et de reconstruire après les cultures industrielles avec un minimum de travail du sol, voire une absence de travail de sol pour les parcelles semées en direct, et des couverts végétaux performants pour restituer un maximum au sol.

La démarche de transition est encore trop récente pour avoir des résultats économiques flagrants. Ce qui est sûr c’est que nous avons réduit la consommation de gasoil. Entre le labour et la rotative, nous étions autour des 30 litres de gasoil. Désormais, nous consommons moins de 10 litres pour le semis. Pour moi, le premier euro gagné est celui qui n’est pas dépensé. Par ailleurs, ce système me permet de me dégager plus de temps libre pour me pencher sur l’autoconstruction d’un semoir à dents et sur l’aménagement de notre silo.

Je pense aussi qu’il y a beaucoup à gagner avec la nutrition végétale. Cette année, nous faisons le meilleur rendement en blé tendre sur la parcelle que l’on a suivie avec les analyses de sève et applications d’oligo éléments en foliaire. Nous avons fait 80 q/ha, contre une moyenne de 75 q/ha pour le reste, sur la seule parcelle non-irriguée de la ferme.

Le prochain challenge désormais est d’arriver à semer également les cultures de printemps en direct ! "

Maxime, membre AgroLeague en Eure-et-Loir (28).

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