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Couvert, rotation et micro-organismes du sol... Quelles relations ?

Posté le 
4/3/2020
 par 
Loan Wacker

En ce moment je consacre beaucoup de temps à l’interprétation des analyses de sol AgroLeague. Je retrouve souvent chez les membres des parcelles qui sont conduites en semis direct depuis plusieurs années, mais dont l’activité biologique n’a pas décollé. Un des leviers c’est d’introduire de la diversité sur la parcelle, et c’est l’objet de cet article. Avec l’équipe AgroLeague, nous étudions d’autres leviers plus… spectaculaires… Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

3 études ont été utilisées pour écrire cet article. 2 méta-analyses “the impact of crop rotation on soil microbial diversity”, “Plant diversity effect on soil microorganisms” et “do covercrops benefit soil microbiomes ?” et une étude “Plant diversity effects on soil microorganisms support the singular hypothesis”.

A quels paramètres s’intéresse-t-on ?

Aujourd’hui nous allons nous focaliser sur 3 paramètres de la santé biologique du sol. La quantité de micro-organismes présents sur la parcelle, leur activité et la diversité des micro-organismes. Ce dernier paramètre est très important. Par exemple, un labour va sélectionner un type précis de micro-organismes et l’aération du sol va conduire à une stimulation pouvant créer un pic d’activité biologique. Mais la diversité du sol en micro-organismes sera considérablement affaiblie.

Peut-on affirmer que les couverts ont un impact sur les micro-organismes ?

Statistiquement, on peut affirmer que oui ! En moyenne sur ces 60 études, la quantité de micro-organismes augmente de 25% entre un sol couvert et un sol nu à l’interculture, leur activité augmente de 27 % et la diversité des communautés de micro-organismes augmente de 2,5%.

Quel type de couverts bénéficie le plus à l’activité biologique ?

Sur cette étude nous n’avons pas une analyse précise des effets des différentes espèces dans les couverts, ou le nombre d’espèces présentes. La tendance montre que ce sont les couverts à fort taux de graminées qui développent le plus l’activité biologique. Si vous voulez plus d’information, je vous invite à consulter cet article.

La destruction du couvert altère la quantité et la diversité de micro-organismes

On retrouve une plus grande diversité de micro-organismes sur la parcelle pendant la période de croissance du couvert qu’après la destruction, quelque soit la culture suivant la destruction. On peut donc supposer qu’à la destruction du couvert une partie des micro-organismes meurent.

Le type de destruction impacte fortement cette variation. Sans surprise, les destructions de couvert utilisant un travail du sol impactent plus fortement la quantité et la diversité des micro-organismes. La dégradation du couvert induit le développement de certains micro-organismes comme les saprophytes qui se nourrissent des résidus du couvert.

Une autre conclusion intéressante, c’est qu’en semis direct la différence d’activité biologique entre le sol nu et couvert est moindre qu’en conventionnel. Sûrement parce qu’en SD, le sol nu se couvre d’adventices qui ont un effet légèrement analogue aux couverts sur l’activité biologique.

Diversifier sa rotation a t-il le même effet qu’un couvert ?

C’est une question qu’on se pose. La rotation ne pourrait-elle pas apporter de la diversité pour développer l’activité biologique ? C’est l’objet d’une autre méta-analyse qui compile une vingtaine d’études.

Les résultats sont plus mitigés. Globalement, les parcelles en rotation ont  tendance à avoir une activité biologique supérieures à celles en monocultures (15%). Mais les effets sont moindre qu’avec un couvert et dépendent beaucoup du type de rotation. Par exemple dans ces études l’activité biologique est inférieure après une rotation blé-soja qu’après une monoculture de blé… Surprenant !

Mais alors quel est l’élément qui stimule l’activité biologique ?

D’après ces études ce n’est pas la biomasse produite par les couverts qui est importante pour augmenter la biomasse microbienne et l’activité biologique mais surtout la diversité des espèces et des fonctions biologiques, y compris les racines. Et pour ça il n’y a pas mieux que les couverts !

Le contexte pédo-climatique détermine en partie l’activité biologique

C’est la conclusion de cette publication. Le contexte pédo-climatique est un déterminant de la quantité de micro-organismes et de leur activité. Néanmoins quelque soit le contexte pédo-climatique, les limites biologiques ne sont pas atteinte et il y a beaucoup de progrès à faire !

En résumé  

  • Toutes les études convergent, le couvert apporte un bénéfice direct et indirect au développement des micro-organismes du sol.
  • La destruction du couvert entraîne une perte de micro-organismes.
  • D’après ces études, la diversité d’espèce et de racines est plus importante que la biomasse aérienne.
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