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6 clés de réflexion sur les couverts d’été - avec Anthony Frison

Posté le 
9/6/2021
 par 
Roméo Vezo

Recyclage et restitution d’éléments nutritifs aux cultures, structuration du sol, amélioration de la fertilité biologique, gestion des adventices, protection contre l’érosion, gain de matière organique, la mise en place de couverts végétaux est une étape clé dans une transition vers une agriculture verte et performante. 

Avec les membres de la League, nous travaillons sur l’implantation de couverts végétaux performants et adaptés à leur contexte pédoclimatique, leurs ressources et leurs objectifs. Anthony Frison, agronome chez AgroLeague et agriculteur dans le Loiret, nous partage 6 points clés à garder en tête pour la mise en place des couverts estivaux. 

1 - Les mélanges de couverts sont agronomiquement plus intéressants que les espèces seules : « Mettre de la diversité dans un couvert d’inter-culture permet d’atteindre une forme d’homogénéité. Chaque famille et chaque espèce possède un système racinaire et aérien différent, ce qui permet de gagner en capacité de captage du rayonnement lumineux et en prospection racinaire afin de remobiliser les éléments minéraux pour la culture suivante. En cas de conditions pédo-climatiques défavorables ou de conditions hétérogènes au sein d’une parcelle, un mélange sera plus performant qu’un couvert mono-espèce. Par exemple, les crucifères et graminées s’expriment mieux quand la fourniture d’azote est suffisante dans le sol. À l’inverse, si la fourniture d’azote est un facteur limitant, les légumineuses prendront le dessus grâce à leur capacité de fixation de l’azote atmosphérique ». 

2 - Bien déterminer les objectifs du couvert en les intégrant dans une réflexion plus globale : « Le choix des espèces se réfléchit en fonction de la place dans la rotation, de l’itinéraire technique envisagé, des contraintes de la parcelle, du matériel disponible, du prix des semences et des objectifs que l’on se fixe : générer de la biomasse pour ramener de la matière organique, restructurer le sol, couvrir le sol pour réduire les levées d’adventices, restituer de l’azote, etc.

Par exemple, si l’objectif est de ramener de l’azote organique au sol, la tendance sera de s’orienter vers une part de légumineuses dans le mélange. En présence de cultures de légumineuses dans la rotation, il faut être vigilant à ne pas augmenter le potentiel infectieux du sol au niveau de la problématique fongique (aphanomyces). Certaines espèces de cette famille augmentent ce risque (lentilles, gesse, pois fourrager), d’autres moins (féveroles, fenugrec, trèfle d’Alexandrie) ».

3 - Définir son mélange : « Les densités de chaque espèce se raisonnent en fonction des pourcentages des doses en pur. Le principe est de diviser la dose de semis de chaque espèce du mélange par le nombre d’espèces présentes. Cependant, les espèces à installation rapide comme les crucifères ont parfois besoin d’être sous-dosées pour éviter d’étouffer les autres. À l’inverse, il peut être judicieux d’augmenter la densité des espèces plus lentes comme les légumineuses ». 

4 - L’observation est la clé : « La preuve par l’exemple. Si l’on souhaite implanter un couvert entre une céréale d’hiver et une culture de printemps avec pour objectif de décompacter le sol naturellement, il faut garder en tête qu'une racine a un faible pouvoir de pénétration et un fort pouvoir d'éclatement. Cela signifie que si elle rencontre une zone compacte, elle ne la décompactera pas. Il est donc important avant toute chose d’observer la structure du sol sur les 25 premiers centimètres. Si la structure ne présente pas de zone dure ou de discontinuité, le couvert végétal sera plus à même de finir le travail. Dans ce cas, on pourrait envisager un mélange de féverole/tournesol (qui va mourir avant l'hiver) avec du colza et du trèfle incarnat (qui resteront pendant l'hiver). Cela permettra d'avoir une action racinaire continue jusqu'à la culture de printemps ».

5 - L’implantation : « L’idée est de le semer le plus rapidement après la récolte de la céréale d’hiver afin de profiter de l’humidité résiduelle. Cependant, il est important de toujours garder son bon sens paysan : si les conditions climatiques ne sont pas au rendez-vous et que le sol est sec en profondeur, les chances de réussite à la levée sont compromises. Un couvert mal implanté est un couvert sans intérêt. Dans ce cas, mieux vaut attendre des conditions plus propices et adapter sa stratégie en fonction de la situation. Par exemple, dans le cas on l’on a prévu de semer un couvert biomax (>3 espèces) entre 2 céréales après la moisson mais que les conditions arrivent tardivement (limite à 1,5 mois du semis de la céréale), un couvert simple de sarrasin pourrait être envisagé sur une courte période.

Une autre technique consiste à semer à la volée son mélange de couverts un mois avant la récolte. Par exemple, pour semer dans une céréale, l’idée est d’attendre que les premières feuilles commencent à jaunir et laissent la lumière arriver au sol. Si on attend trop, le sol peut se dessécher. L’avantage principal est de pouvoir implanter le couvert en avance par rapport à un semis post-moisson. Cependant, la réussite de cette technique est aléatoire et dépend des conditions pédo-climatiques. Le premier critère est d’avoir un sol qui va être capable accueillir cette pratique : un sol vivant avec une bonne structure. Aussi, cette technique est très opportuniste : elle est fonctionnelle lorsque les conditions sont réunies ».

6 - Le colza associé : « Il n’est pas forcément judicieux d’implanter un couvert végétal d’inter-culture entre une céréale d’hiver et un colza. Dans ce cas, mieux vaut se tourner vers des plantes compagnes. L’idée est d’accompagner le colza dans la première partie de son cycle végétatif afin de profiter des services écosystémiques naturels : fourniture d’azote, contrôle des ravageurs par la perturbation des insectes et l’hébergement d’auxiliaires de culture, gestion des adventices, protection des sols contre l’érosion, amélioration de la structure et de la fertilité des sols. C’est une belle porte d’entrée pour faire évoluer les agrosystèmes vers une gestion agroécologique des parcelles et relativement simple à mettre en place avec de l’anticipation et de la rigueur ». 


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