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Quels éléments apporter en foliaire et pourquoi ?

Posté le 
15/4/2020
 par 
Loan Wacker

Cet article fait suite à celui de la semaine dernière Les plantes ne peuvent pas se nourrir à travers les feuilles. Vraiment ? dans lequel nous avons vu pourquoi utiliser les apports foliaires et comment font les éléments pour entrer dans la plante.

Aujourd’hui je vous invite à étudier quels sont les éléments qui peuvent être apportés en foliaire et pourquoi les applications foliaires sont adaptées à tout type de production.

Les applications foliaires sont parfaitement adaptées aux apports d’oligo-éléments

Pour régénérer un sol la première étape consiste à fixer du carbone par la photosynthèse. Or les oligo-éléments sont essentiels à une photosynthèse efficace. Le fer et le magnésium font partie de  la chlorophylle, molécule de la photosynthèse. Le manganèse permet de casser la molécule d’eau pour la transformer en oxygène et en carbone.

Or dans les sols morts, les oligo-éléments sont aussi peu disponibles dans le sol. Assurer la nutrition de la plante lui permet de produire plus de carbone plus rapidement et donc de gagner de précieuses années de transition vers un sol vivant.

Peut-on apporter l’azote par voie foliaire ?

Depuis les années 40, les arboriculteurs ont essayé de pulvériser le l’azote sous forme de nitrate, d’ammonium ou d’urée pour assurer la fertilisation azotée. En utilisant des nitrates ou de l’ammonium, le risque de brûlure est très important. En utilisant de l’urée ou des acides aminés le risque est moins important. Toutefois il ne faut pas dépasser 5% de la solution pour éviter tout risque de brûlure. Certaines espèces sont plus sensibles aux brûlures que d’autres.

Les feuilles de cucurbitacées sont particulièrement sensibles aux brûlures car elles transforment très rapidement l’urée. L’ajout de sucre dans la bouillie ralentit la transformation de l’urée en acide aminé et diminue les risques de brûlure.

L’urée met jusqu'à 4 jours à pénétrer dans la plante. En utilisant des acides aminés, ce temps d’absorption diminue drastiquement, 8h suffisent pour une absorption totale. En plus, la plante préfère les acides aminés à l’urée.

Les mécanismes sont bien documentés, les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits sont capables d’absorber de l’azote, des macro, des micro-nutriments et même de plus grosses molécules comme des acides organiques ou des acides aminés.

Les nutriments peuvent-ils se déplacer dans la plante ?

On sait aussi que les nutriments absorbés par les feuilles sont capables de se déplacer très rapidement dans la plante.

Dans le cas de l’azote, 4 jours suffisent à ce que la plante déplace l’azote des feuilles pulvérisées, aux nouvelles pousses ou aux membres nécessitant de l’azote. Sur les pommiers, seul 35% de l’azote reste dans la feuille pulvérisée par exemple

Toutes les cultures sont-elles réceptives aux pulvérisations foliaires ?

Les premières études montraient une forte variabilité de l’efficacité de la pulvérisation foliaire suivant les espèces.

Ces irrégularités s’expliquent par la différence de surface de contact et de cuticules des feuilles suivant les espèces. Un problème qui peut facilement être contourné aujourd’hui en ajoutant un agent mouillant à la bouillie.

Quels sont les éléments les plus compliqués à apporter en foliaire ?

Ce sont le phosphore et le potassium, puisque la majorité des formes appliquées en foliaire provoquent une faible réponse de la part de la plante.

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