Alexandre | Val d’Oise

AgroLeague
Ceux qui cultivent
9/5/2022
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Alexandre | Val d’OiseAlexandre | Val d’Oise

« J’ai 26 ans, je me suis installé au Nord du Val d’Oise (95) il y a 3 ans. Nous sommes la 4ème génération d’agriculteurs dans la famille. J’ai fait un baccalauréat agricole, un BTS dans l’Oise puis j’ai enchaîné avec une école d’ingénieurs à Rouen. Je me suis installé à la fin de mes études car j’ai eu l’opportunité de reprendre une ferme voisine. Je travaille aujourd’hui avec mes parents, nous mutualisons nos moyens de production.

Nous sommes situés sur une plaine céréalière avec un fort historique betterave qui était la tête de rotation du secteur. Ça l’est toujours, mais de moins en moins. Lorsque mon père a repris la ferme, mon grand-père venait d’arrêter son élevage de moutons qui n’était plus rentable. Il a fallu valoriser les mauvaises terres (sables, fonds de vallée) donc mon père a commencé à vendre du fourrage aux écuries de Chantilly, un centre d’entraînement pour chevaux de course. Il a commencé à fournir un entraîneur en foin et ça s’est développé au fil des années. Les prairies représentent aujourd’hui 30% de notre assolement et sont pleinement intégrées dans les rotations. Il y a 5 ans, mon père a monté un séchage en grange afin d’améliorer la qualité de la récolte. L’idée est de se démarquer par la qualité, sécuriser notre débouché et développer ce marché de niche. Il est pour l’instant occupé par le foin de Crau, premier aliment pour animaux qui possède une AOP et encore le seul aujourd’hui. Ma SAU est de 110 hectares. J’y cultive du blé, colza, avoine, maïs, pois d’hiver, luzerne et des prairies. Je suis majoritairement en TCS et j’ai démarré le semis direct il y a peu. Quand je me suis installé, je n’avais jamais vraiment entendu parler de semis direct. J’ai découvert cette approche avec les agriculteurs du GIEE de Morancy qui sont engagés dans la démarche.

On a investi dans un semoir à dents SPRINTER qui peut aussi faire du semis simplifié. On l’utilise surtout pendant l’été et on essaye de faire un maximum de semis direct à l’automne pour les céréales. Au mois d’octobre 2021, j’ai réalisé mon premier semis direct de blé derrière des pois, dans un couvert  vivant avec une belle biomasse. C’est très valorisant de travailler comme ça ! Je cherche à agir en amont pour limiter le labour et les passages de pulvérisateur et essaye d’être le plus technique possible. J’ai envie d’aller à fond dans l’agriculture de conservation car cela correspond à ma démarche. Cela fait bientôt un an que je suis membre d’AgroLeague. J’ai découvert AgroLeague via un article sur internet qui parlait des analyses de sève. C’était bien fait et ça m’a donné envie d’aller plus loin. J’avais déjà travaillé avec les analyses de sève en arboriculture pendant un de mes stages et je voulais appliquer la même démarche aux céréales. J’aime l’idée d’avoir une approche scientifique et de se baser sur des données concrètes pour prendre des décisions. J’aime comprendre ce qui se passe dans la plante et son interaction avec le sol.

Pour la fertilisation, la combinaison des analyses de sol et de sève ouvre un champ des possibles qui est énorme ! Cela m’a permis de commencer à comprendre ce qu’il se passe réellement dans la plante. La campagne passée, j’ai réalisé des essais sur pois, luzerne et maïs avec mise en place de bandes témoins pour comparer différents ITK. L’objectif était notamment de pouvoir observer l’effet de la fertilisation foliaire suite aux interprétations des analyses de sève. L’essai le plus significatif a été sur le maïs, où j’ai gagné entre 7 et 10 q/ha comparé au témoin.

L’évolution de mon sol en ACS va se faire sur plusieurs années, voire sur toute ma carrière . La fertilisation foliaire, on en voit les effets en quelques jours. Elle permet de contourner des blocages que l’on peut avoir dans le sol. On a donc deux approches complémentaires, une long terme pour le sol et une court terme pour la plante. Ça me passionne vraiment !Je suis chez AgroLeague parce que je veux apprendre et comprendre. C’est destiné à des agriculteurs qui aiment se poser des questions, c’est une vision qui me correspond. Au niveau de notre génération, on a l’habitude que tout aille vite. L’agriculture nous apprend la patience. On gagnera toujours à vouloir aller plus loin et à vouloir évoluer. »🌱 ).

🌱 Alexandre P. , membre dans le Val d’Oise (95).


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