Comment lutter contre le chardon ?

Tout d'abord, il faut noter que la lutte contre le chardon doit être globale et devra mettre en œuvre plusieurs des différents leviers listés ci-dessous. En complément, je rajoute qu'une analyse de sol dans la parcelle la plus problématique serait un gros plus pour mettre en évidence ce que l'œil ne peut pas voir en termes de dysfonctionnement (ratio MO/Argile, activité biologique ?)

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“Comment lutter contre le chardon ?”- question posée par Aurélien H, dans les Ardennes (08).


Tout d'abord, il faut noter que la lutte contre le chardon doit être globale et devra mettre en œuvre plusieurs des différents leviers listés ci-dessous. En complément, je rajoute qu'une analyse de sol dans la parcelle la plus problématique serait un gros plus pour mettre en évidence ce que l'œil ne peut pas voir en termes de dysfonctionnement (ratio MO/Argile, activité biologique ?)

Bio-indication

D'un point de vue bio-indication (c’est à dire, quels sont les facteurs qui favorisent la levée de dormance du chardon), la présence forte de chardon peut indiquer :

  • un problème de structure de sol, manque de porosité et d'échange d'air dans le sol (zone anaérobie) => pas forcément observé lors de la visite de ferme dans le blé en tout cas. Petit tassement superficiel dans l'orge de printemps mais à l'origine de la présence du charbon.
  • Un blocage du phosphore => c'est évidemment un des points critiques en terre de craie. A nuancer car, "pour une parcelle en terre de craie", les teneurs en phosphore sont plutôt bonnes.
  • Problème de bases non solubles (Ca, Mg ; K)
  • Présence de MO, mais mal équilibrée dans le sol => cela est possible ici. A valider avec analyse de sol.
  • Mauvaise structure et/ou compaction entraînant des rétrogradations des nitrates, monoxyde d'azote (plus aussi toxicité aluminique due à la dissociation du CAH).
  • Activité biologique bloquée ou faible avec une minéralisation difficile ou de courte durée => probable dans tes terres.
  • Signe de pollution chimique (Al +++,NO2, phosphate en excès...)

Comme vu ensemble, les structures sont variables selon les parcelles. L'activité biologique est correcte mais pourrait encore être meilleure. Le travail sur les couverts pourrait permettre d'améliorer l'activité biologique de tes terres et la structure du sol de manière plus pérenne. De plus, l'amélioration de l'activité biologique aiderait à rendre le phosphore plus bio disponible, défavorisant de ce fait le chardon.

Lutte mécanique

Une technique de gestion est le travail de sol répétitif à profondeurs croissantes de à 5-10/15 cm avec un outil à dents avec ailettes (type pattes-d’oie pour scalper toute la surface). L'idée est d’épuiser cette vivace en provoquant des levées que l’on détruit ensuite mécaniquement. Il faut viser 2 plus souvent 3 destructions à chaque fois au stade début montaison.

 Lutte via la rotation

Trois années de luzerne pour étouffer et épuiser (via fauche successive) le chardon est la lutte plus facile à mettre en œuvre dans ton système. Le système racinaire de la luzerne est semblable à celui du chardon. D’un point de vue structuration du sol, c’est “l’outil idéal” pour rééquilibrer une part de la fertilité physique de ton sol.

Lutte chimique

Elle est également efficace mais doit se raisonner sur plusieurs années. C'est elle qui donnera le plus de satisfaction après plusieurs années de maîtrise du chardon. Tout échec une année permettra au chardon de refaire des réserves.

Le glyphosate à appliquer en interculture. Il s’agit de la matière active apportant le plus d’efficacité à moyen et long terme. Il faut l’appliquer proche du stade floraison du chardon pour avoir le maximum d’efficacité. On profite ainsi de la systémie descendante pour avoir un maximum de matière active qui va « taper le rhizome ». Pour cela, on appliquera la pleine dose soit 1080g de matière active bien adjuvanté (eau adoucie, humectant, éventuellement mouillant…).

Sur céréales : la molécule clopyralid apporte les meilleures efficacités. Le 2-4D apporte également une efficacité. Dans une moindre mesure, le metsulfuron-méthyle apporte de l'efficacité mais, en application printanière, compromet l'implantation d'un colza ou du couvert qui suivra du fait de sa rémanence connue dans les sols

Sur colza : le clopyralid est également homologué mais n’est pas sélectif des plantes compagnes. Sur betterave : là aussi, le clopyralid donnera satisfaction. Il peut être intéressant de le scinder en deux applications pour contrôler les levées échelonnées.

Au-delà de ça, il est évident que les années passées avec passages de DDI ont favorisé.

Rassure-toi, il est possible d'en venir à bout en quelques années. Il faudra activer tous les leviers cités au-dessus pour arriver à cette fin.

 

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