Froid, gelées tardives quels impacts pour la plante et quelles solutions préventives

Gelées - Au début du mois d’avril, plusieurs zones notamment de la région centre ont observé des dégâts de gel tardif; De nombreux membres de la communauté Agroleague rapportent des dégâts sur leur colzas et céréales d’hiver alors que ceux-ci sont à des stades critiques…. Mais au fait, qu’est-ce qu’il se passe dans la plante et peut-on l’éviter ? Les gelées sont aussi l’ennemi des arboriculteurs, des vignerons… Bref la plupart des agriculteurs sont concernés.

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Au début du mois d’avril, plusieurs zones notamment de la région centre ont observé des dégâts de gel tardif; De nombreux membres de la communauté AgroLeague rapportent des dégâts sur leur colzas et céréales d’hiver alors que ceux-ci sont à des stades critiques…. Mais au fait, qu’est-ce qu’il se passe dans la plante et peut-on l’éviter ?

Les gelées sont aussi l’ennemi des arboriculteurs, des vignerons… Bref la plupart des agriculteurs sont concernés.

Etat des céréales chez Fabien, membre AgroLeague dans le 03

Le froid, un effet déshydratant

Les températures froides dans le sol induisent une diminution de la disponibilité de l’eau pour la plante et peuvent conduire à une déshydratation de celle-ci. Au lieu de circuler du sol vers les racines, l’eau circule des racines vers le sol, par le mécanisme d’osmose.

Pour lutter contre ce phénomène, certaines plantes s’adaptent en augmentant la concentration de leur sève en sucre ou en minéraux.

De cette façon, la plante ne peut plus absorber d’éléments minéraux, cela cause des carences induites.

Les mycorhizes ne fonctionnent plus

Les mycorhizes n’aiment pas beaucoup le froid et pour une fois ne semblent pas avoir un rôle important dans la lutte contre le froid pour la plante. Les plantes arctiques ne sont d’ailleurs pas mycorhizées. Quand les températures diminuent, elles ne participent plus à la nutrition de la plante. Une étude menée en Norvège comparant des plantes qui poussent à 8°C ou à 15°C avec ou sans mycorhizes montre que les plantes mycorhizées n’ont plus beaucoup d’avantages à 8°C par rapport aux plantes non mycorhizées.

Le gel éclate les membranes des cellules

Pour se protéger la plante expulse l’eau de ses cellules vers les espaces inter-cellulaires et augmente la concentration de l’eau en sels et en sucres. Quand cela ne suffit plus, les cellules gèlent, les fonctions biologiques s’arrêtent et les cellules éclatent. La plante ou l’organe en question meurt.

L’activité hormonale

La plante ne peut pas se déplacer pour lutter contre un stress dans son environnement. Les hormones sont son principal mécanisme d'adaptation qui lui permet de réagir à l’attaque d’un bioagresseur ou bien au froid. La symbiose de la plante avec des bactéries de la rhizosphère augmente la sécrétion d’hormones. Des études sur le haricot vert exposant la plante à des températures entre -2 et -16°C montrent que le haricot vert est moins endommagé dans le gel si il est inoculé avec du rhizobium que sans inoculum.

Quelles pistes pour améliorer la résistance de la plante face aux gelées tardives ?

Contourner le problème

La faculté de la plante à résister au gel est en partie déterminée génétiquement et un maïs ne sera jamais aussi résistant au gel qu’un colza.  De la même façon, le stade de la culture est importante pour la sensibilité de la culture pour des raisons hormonales et de concentration de la sève.

La première action est évidemment d’adapter le choix des cultures, des génétiques et des précocités pour contourner le problème. Mais cette action est déjà utilisée par la plupart des agriculteurs et ne suffit pas.

Augmenter la concentration de la sève en électrolytes pour diminuer la sensibilité de la plante

Cependant comme pour tous les facteurs, l’environnement à aussi son importance. Augmenter la teneur de la sève en électrolyte ou en sucre dissous  permet à la plante de diminuer la sensibilité de la plante au gel de l’ordre de 2-3°C. De la même façon que l’eau de mer gèle à -2 tandis que l’eau douce gèle à 0°c.

Le but ici est d’apporter à la plante des électrolytes par pulvérisation foliaire avant la gelée. Du potassium, du magnésium ou d’apporter de fortes quantités de cuivre, bore ou de cobalt.

De la même manière, un travail en préventif pour améliorer la santé de la plante et optimiser la photosynthèse permet d’augmenter la teneur en sucre de la plante et de descendre sa température limite de gel de quelques degrés...


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