Florent | Marne

" Je rêve d’aller vers de l’Agriculture Biologique de Conservation (ABC), même si cela est plus un objectif long terme qu’une réalité pratique sur l’exploitation ! Mon objectif est de mettre en place un système le plus autofertile en travaillant le sol le moins possible. La transition vers le bio a démarré à l’automne 2017 et s’est terminée en 2021 pour les dernières parcelles. J’ai pris la voie du bio d’abord par convictions : je voulais retrouver un aspect paysan et agronomique du métier. J’avais l’impression qu’on avait un peu perdu le lien au sol et à l’agriculture. C’était devenu trop systématique, plus assez d’autonomie. Je souhaitais également arrêter les produits phytosanitaires d’un point de vue santé. "

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« La ferme est située dans la Marne (51), au sud de Châlon-en-Champagne. Mes parents étaient agriculteurs installés tous les deux avec 200 hectares de grandes cultures et 40 ares de vigne en conventionnel. Mon père a toujours été un passionné d’agronomie et faisait du TCS. Il ne labourait plus du tout le sol depuis 25 ans et essayait de le travailler le moins possible.

J’ai toujours travaillé un peu sur la ferme. J’ai fait des études agricoles puis viticoles. Je voulais faire les deux, avec un penchant pour la partie viticole : je me suis passionné par la vigne et le vin. Après mes études, je suis parti travailler dans différents endroits en France et à l’étranger, puis la vie familiale a fait que je suis revenu sur la région. J’ai trouvé un emploi en tant que formateur en viticulture et œnologie et j’ai repris un peu de vigne dans la région en Champagne, exploitée à titre individuel. Ça a duré une dizaine d’années. J’ai ensuite repris une partie de l’exploitation familiale en 2016, tout en gardant mon poste de formateur. Et enfin, la totalité de la ferme en 2020.

La transition vers le bio a démarré à l’automne 2017 et s’est terminée en 2021 pour les dernières parcelles. J’ai pris la voie du bio d’abord par convictions : je voulais retrouver un aspect paysan et agronomique du métier. J’avais l’impression qu’on avait un peu perdu le lien au sol et à l’agriculture. C’était devenu trop systématique, plus assez d’autonomie. Je souhaitais également arrêter les produits phytosanitaires d’un point de vue santé.

La ferme est divisée en deux sites : 100 ha à Loisy avec une dominante limon argileux et 100 ha à Breuvery-sur-Coole sur des craies. C’est un point faible au quotidien d’avoir de longs trajets à faire, mais à la fois un gros avantage car cela me permet d’élargir mon assolement. Les terres de craie mettent plus de temps à se réchauffer, c’est une gestion différente. Au siège,  je pourrais difficilement cultiver du maïs, soja et féverole. Ce que je fais sur les terres limoneuses.

Notre rotation était déjà bien diversifiée avec un enchaînement de 7 à 8 cultures selon le site de production. Nous produisons des céréales (blé, orge de printemps, triticale, maïs), légumineuses (luzerne, soja, pois, féverole, lentille, vesce) et oléagineux (tournesol, colza). J’ai gardé la même rotation et le même assolement et j’y ai rajouté du triticale comme 2ème paille. Je fais également des associations de cultures graminées/légumineuses.

Depuis la transition en bio, nous avons dû reprendre la charrue. Notamment à cause de problèmes de ray-grass et vulpins résistants lié à l’historique des parcelles. Je me suis inspiré des méthodes utilisées en biodynamie que je pratiquais en viticulture depuis des années. Je me suis également formé à l’agriculture régénérative, en m’intéressant particulièrement à la méthode de Friedrich Wenz.

Le non-travail du sol est compliqué pour moi. Mon objectif est donc d’accepter de le détruire le sol en surface, mais de le faire revivre avec des couverts végétaux, des ferments lactiques, des thés de compost oxygénés et des préparations biodynamiques. Deux préparations sont essentielles : de la bouse de corne bio dynamisée et de la silice de cornes. J’ai deux dynamiseurs de 110 L et j’achète mes préparations. Pour la pulvérisation, j’utilise un pulvé autoconstruit, le plus simple possible, car on travaille avec du vivant. J’arrive à couvrir entre 15 et 20 ha/passage.

Les couverts sont semés soit en même temps que la culture, soit dans la culture au début du printemps en même temps que le désherbage mécanique. J’achète des mélanges tout faits composés de graminées et de trèfles (environ 50-50). Je produis également de la vesce, du pois, du trèfle et des graminées (fléole et ray-grass) en semences de ferme. Si c’est une culture de printemps qui suit, j’implante un couvert relais début septembre. Il faut être vigilant à ne pas détruire trop tard le couvert si s’en suit une période de sec. Cela peut assécher le sol pour la culture et créer une faim d’azote.

Je détruis le couvert soit avec un labour léger (charrue hybride qui permet de ne travailler qu’à 15 cm de profondeur), soit avec 1 à 2 passages d’outil superficiel afin de gérer enherbement avant le semis. Niveau désherbage mécanique : un passage de herse étrille et un passage de bineuse. Là où j’ai vraiment arrêté le travail du sol, c’est après moisson en plein été.

La fertilisation est entièrement organique à base de vinasses de betteraves, fiente de volailles et bouchons organiques à base de déchets animaux. Pour la récolte, je ne suis pas équipé pour pocher et andainer. On récolte tout et on trie. J’ai la chance depuis l’année dernière d’avoir une unité de stockage avec un trieur rotatif.

Je rêve d’aller vers de l’Agriculture Biologique de Conservation (ABC), même si cela est plus un objectif long terme qu’une réalité pratique sur l’exploitation ! Mon objectif est de mettre en place un système le plus auto fertile en travaillant le sol le moins possible.

Chez AgroLeague, on sent qu’il y a un réel suivi. Le plus gros avantage c’est la complémentarité entre les agronomes. Quel que soit le thème, on a toujours une réponse qui est vraiment technique. L’application c’est un gros plus ! Toutes les questions que l’on pose, que ce soit via l’appli, sms, mail, appel téléphonique ou les discussions en visite de ferme, tout est centralisé. Ça nous laisse une trace que l’on peut reprendre plus tard. En tant qu’agri, on n’a jamais le temps de se poser et on peut parfois perdre de l’info en route. Là on peut reprendre ce qui a été dit. »

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