Sébastien | Corrèze

"Pour moi, ce qui est important, c’est de comprendre le fonctionnement de la plante. L’agriculture moderne a toujours été dans la protection des cultures. Alors que maintenant je la vois plutôt dans la nutrition des cultures."

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"Je suis  fan d’informatique, peut être que je serais parti dans cette branche. Maintenant, j'allie l'utile à l’agréable, et j'ai ramené un peu d'informatique dans ma ferme. On a 35 hectares de noyers en AOP noix du Périgord. Et depuis 2018, on a développé un atelier de framboises pour l'industrie. On est aussi autonome sur la ferme pour l'atelier allaitant. En ayant de l’élevage, de l'arbo, des petits fruits, on touche un peu à tout. C'est ce qui me passionne dans le métier.

J'ai toujours pensé que le sol, ça avait de la vie et donc qu’il fallait essayer de ne pas trop le dégrader pour qu'il puisse permettre de faire pousser des plantes en meilleure santé. Ça fait six, sept ans, qu'on a réduit le travail du sol avec l'arrêt du labour. J'ai vu le semis direct comme un outil, mais malheureusement, on aurait plutôt tendance à le voir comme la solution miracle, et entre collègues, c'est vrai qu'on le voit souvent comme un échec si on l'utilise comme outil principal. Je pense que c'est bien de parler d'agriculture de conservation des sols plutôt que de semis direct, puisque c’est un outil dans la boîte à outils, avec les couverts, l’augmentation de la matière organique, la nutrition des plantes, et c'est un tout qui permet au système de bien fonctionner.

Et puis, depuis 2/3 ans, je me suis penché sur le sujet en lisant des ouvrages, notamment américains, sur l'agriculture régénératrice. Et j'ai trouvé fascinant le fait qu'on utilise que 30% du potentiel génétique de nos plantes et qu'on est capable, grâce à une nutrition adaptée, d’avoir des plantes résistantes aux maladies et aux insectes. J’utilise aussi les analyses de sève comme outil de base pour faire un état des lieux et piloter ma nutrition. Je comprends mieux pourquoi on a des problèmes, notamment pour les maladies. Les instituts font des recherches depuis très longtemps et n'ont jamais trouvé les solutions, et on arrive à comprendre en lisant John Kempf que finalement si on part déjà avec des carences de tel ou tel élément, on sait pourquoi on a ces maladies.

Pour moi, ce qui est important, c’est de comprendre le fonctionnement de la plante. L’agriculture moderne a toujours été dans la protection des cultures. Alors que maintenant je la vois plutôt dans la nutrition des cultures. Mais il faut un moment pour changer de vision parce qu'on a été formaté. Tous les jours, on sort des programmes de contrôle, de bio-contrôle et de protection des cultures.

Maintenant que j'ai compris qu'on arrivait à faire des plantes en bonne santé, mon objectif, c’est de nourrir les humains pour qu’ils soient en bonne santé. Quand je vois tous les cas de cancers ou de maladies chroniques, je me dis que nous, agriculteurs, on a peut être une carte à jouer là dessus. Mon but, maintenant que ma machine est un peu lancée, c’est d'arriver à utiliser le moins d'intrants possible, pour que la synergie sol/plante fonctionne bien. Je le fais dans un but de produire plus avec moins.

J’ai rejoint AgroLeague au tout début, et j'ai adhéré pour avoir un suivi et l'échange. En fait, ce n'est pas pour avoir la solution toute faite mais la rencontre avec les gens, se rassurer aussi et se dire qu’on est pas tout seul dans cette démarche. Ça fait du bien mentalement. C'est bien d'avoir un groupe de collègues derrière et de se dire qu'il y en a qui ont plus d'avance sur ce projet et que ça marche. Pourquoi ça ne marcherait pas chez moi ?

L'évolution de mon métier passera par la communication. Pour une application foliaire sur un noyer de 15 mètres, il faut un atomiseur qui fait du bruit et qui propulse assez haut. On passe pas inaperçu… Dès qu'il y a un gars qui me prend en vidéo, je m'arrête de suite et je vais lui expliquer ce que je fais parce que je n'ai pas envie qu'il interprète mal mon application. On ne prend pas assez de temps pour la communication, surtout dans une société qui fait vite des raccourcis avec les réseaux sociaux. Le pulvé est vraiment le symbole de tout ça. Ça cristallise tellement de choses alors que maintenant, c'est la clé de notre système."

Sébastien, membre AgroLeague installé en Corrèze

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