Sébastien | Oise

"Aujourd’hui, c’est bien plus intéressant et on voit que le sol, c’est complexe. J’ai toujours des questions à me poser. Ce système-là est ce qui me fait me lever tous les matins."

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"J’ai toujours voulu être agriculteur. Mon papa est agriculteur et avait déjà repris après son papa dans les années 80. En 90, il s’est mis à faire des vergers de pommes à cidre. J’ai fait un BTS, et soit je continuais les études, soit je revenais. On avait la possibilité de planter et je suis revenu en 2011. J’étais très axé vergers, moins grandes cultures. Prendre le pulvé pour aller en plaine, ça m’intéressait pas. En 2012, on s’est rendu compte qu’on était sur une nappe de captage et qu’on y retrouvait un désherbant qu’on utilisait sur le verger. Et il n’y avait que nous qui avions un verger sur la nappe. Il fallait trouver une solution. On a demandé à notre technicien de l’époque de nous mettre en relation avec quelqu’un qui était passé en bio et qui avait arrêté le désherbage.

On est allé sur Nantes voir une exploitation qui avait mis des moutons Schropshire, et qui était passée en bio au bout de 5 ans. Revenus de là, on s’est dit qu’en fin de compte, oui, le gars produisait moins mais avec les agneaux et le reste, il s’en sortait aussi bien que nous. Ça pouvait être une solution pour notre ferme.

En 2013, on part en Angleterre pour voir cette fameuse race car il n’y en avait que très peu en France. Et on achète nos premières 100 brebis. Aujourd’hui on en a 400.

Entre temps, on a fait nos essais sur vergers avec les brebis. On les fait pâturer, et on ne met que des produits bio sur certaines parcelles, pas de cuivre car c’est toxique pour les animaux… Et on commence à voir qu’il y a des effets intéressants. J’étais parti de cette visite, en me disant qu’on irait sur le bio. En 2015, on s’est dit qu’avec 3 ans de conversion, s’il fallait y aller, il fallait le faire tout de suite. Et on passe toute l’exploitation en bio.

Suite à différentes formations en 2017/2018, on est passé à l’agriculture de conservation des sols. On a changé nos pratiques, on a fait plus de couverts, et maintenant le sol est toujours couvert. On limite le labour même si c’est pas toujours évident.

Le mouton nous a apporté des solutions dans le verger et en grandes cultures; ça nous a permis de penser couverts et de les valoriser. Le bio + les moutons, ça nous a fait repenser agronomie. Avec mon père, c’est vraiment un accompagnement à deux. Il m’a apporté le côté serein du projet en me disant qu’on ne se plantait pas. Si j’avais été tout seul, je n’aurais pas fait tout ça. L’idée était de monter le taux de MO pour être plus résilient face aux problèmes eau et azote. Stimuler notre sol pour qu’il nous le redonne sur la plante. Chercher de la résilience encore. On essaye toujours d’avoir un coup d’avance et d’écouter nos convictions et ce que veut la société. Traiter en grandes cultures ne m’intéressait absolument pas. Je préfère gérer par le vivant du sol en amont, plutôt que de gérer un problème.

Quand j’ai découvert AgroLeague, j’ai vu des gens à l’écoute des systèmes, qui veulent essayer d’évoluer et qui prennent des risques aussi. Je voulais travailler sur les TCO, comment limiter un maximum le labour, optimiser la rotation, les éléments à ramener plus précisément dans le sol grâce aux analyses de sol et de sève. Être suivi par un agronome, d’avoir un oeil extérieur qui puisse me permettre de continuer à évoluer dans mon système.

Aujourd’hui, notre objectif c’est de créer un système vertueux où tous les ateliers et les périodes de travail sont complémentaires. Pour la suite, c’est de réussir à avoir plus de résilience sur l’exploitation en gérant mieux les TCO, en ayant plus de couverts. Et continuer de remonter le taux de MO. Le plus grand défi, demain, est de faire du bio sans labour, en trouvant la bonne rotation. Je voyais l’agriculture déjà comme ça. Je me dis pas que j’ai besoin de produire pour produire. Je le vois plus comme une réponse à un problème de société. Dans mon système, je gère beaucoup mieux les conflits au niveau sociétal car j’essaye de les entendre.

L’agriculture vers laquelle on est parti depuis 2015 est motivante. L’ancien système ne m’intéressait pas du tout. On ne parlait pas agronomie, c’était du basique. Aujourd’hui, c’est bien plus intéressant et on voit que le sol, c’est complexe. J’ai toujours des questions à me poser. Ce système-là est ce qui me fait me lever tous les matins."

Sébastien, membre AgroLeague installé dans l’Oise

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