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6 clés pour réussir son semis direct sous couvert végétal en cultures de printemps - le retour d’expérience de Jean-Claude Quillet 

Posté le 
27/1/2021
 par 
Roméo Vezo

Le semis direct sous couvert végétal est une pratique phare de l’agriculture de conservation des sols. Ses bénéfices agronomiques et économiques ne sont plus à démontrer. 

Maintenir une couverture végétale avec des résidus de culture permet de limiter la germination et/ou la croissance des adventices, de rafraîchir la température du sol en été, de diminuer l’évaporation de l’eau du sol et d’atténuer l’érosion. 

La mise en place de couverts végétaux est essentielle dans la démarche d’agriculture de conservation des sols. Elle permet de ramener de la matière organique et de maintenir une activité biologique dans le sol : près des 2/3 de la matière organique dans le sol sont dus à la présence de racines. La présence de couverts végétaux active le cycle des nutriments par les exsudats racinaires. Cela permet également de booster les  mycorhizes dans le sol, par interaction avec les plantes. Ces mycorhizes vont rendre des éléments nutritifs solubles et assimilables pour les plantes en échange de chaînes carbonées (énergie). 

Cependant, le semis direct sous couvert végétal présente aussi des limites avec possiblement des rendements inférieurs comparés aux systèmes dits conventionnels. Cela peut être dû à plusieurs facteurs : retard de développement de la culture du fait d’un sol plus froid en raison du non travail du sol, concurrence due à la présence de végétation en début de cycle, minéralisation plus faible, compactage de surface du sol, etc. 

Jean-Claude Quillet, membre de la première heure installé en Indre et Loire, cultive près de 800 ha en semis direct depuis 25 ans. Aujourd’hui, dans L'Agronomie & Nous, il nous donne 6 points de vigilance à avoir pour réussir ses semis de cultures de printemps en direct. 


1 - Le contact sol-graine : « Essentiel pour une bonne levée de la culture, il faut y porter toute son attention. En semis direct, le lit de semences n’est pas idéal, cela est dû à la présence de résidus de cultures ou de végétation. Il existe des leviers facilement actionnables pour l’améliorer. Par exemple, refermer le sillon avec plus de pression (possibilité de régler la partie arrière du semoir). En cas de sécheresse continue, on peut passer un coup de rouleau après le semis ou de herse Magnum en terres argileuses et limoneuses. »


2 - La destruction du couvert : « Bien gérer la destruction du couvert en fonction des conditions  pédoclimatiques locales et de la demande nécessaire en température de la culture envisagée. Le temps entre la destruction du couvert et le semis doit être en accord avec la réserve en eau du sol. Glyphosate sur graminées, glyphosate + hormones sur dicotylédones, glyphosate + roulage pour assommer les légumineuses moins sensibles au glyphosate et sans augmenter la dose de désherbant. Attention aux repousses qui n’ont pas été détruites. On peut choisir de retarder la destruction du couvert en cultures de printemps pour semer des cultures après le 15 mai, voire début juin, avec des cycles plus courts. Cela permet de laisser le temps au sol de se réchauffer et aura également un impact positif sur la pression des limaces. »


3 - La densité de semis : « Il peut être judicieux d’augmenter la densité si le couvert est dense et qu’on a un sentiment que cela va impacter la levée de la culture. Avec un semoir à dents qui écarte les débris végétaux de la ligne de semis, cette problématique est moindre qu’avec un semoir à disques qui va lisser les sillons en condition humide et enfouir trop de résidus de récolte dans la ligne de semis. Il faut tout de même faire attention car surdensifier les céréales peut favoriser l’apparition de maladies fongiques pendant la période de transition. Après plusieurs années de semis direct, les problèmes de maladies fongiques ont tendance à diminuer. »


4 - La nutrition de la plante (fertilisation) : « Ne pas travailler le sol entraîne une diminution de la minéralisation (qui peut aller jusqu’à -60 unités la première année). Cela demande une adaptation de la fertilisation et surtout du premier apport d’azote, sous forme urée ou ammonitrate en fonction des conditions locales. Dans ce cadre, des analyses de sols approfondies et des analyses de sève sont des bons outils pour ne pas naviguer à l’aveugle. Un engrais starter peut être recommandé les premières années pour améliorer la vigueur au départ, surtout sur culture de printemps car en sortie d’hiver l’activité biologique est au ralenti. Attention à ne pas surfertiliser au départ car un excès d’azote peut bloquer le tallage et favoriser l’attaque des pucerons ».


5 - La gestion des limaces : « la pression des limaces dépend des situations, il peut y en avoir même quand il fait sec. La pression est accrue quand les semis sont faits dans les parcelles où il n’y a pas de plantes vertes. Dans ce cadre, opter pour détruire le couvert plus tard peut être un levier. Un apport de phosphate ferrique 3 semaines avant semis peut aider à diminuer cette pression, l'oxyde ferrique n'a pas d'impact sur les auxiliaires. L’équilibre naturel se construit au fil des années. » 


6 - Ne pas semer en direct si : 

  • « L’on est en présence d’une semelle de labour. Cela va entraîner un problème de prospection racinaire et d’infiltration de l’eau, surtout pour les céréales. Pour cela, il est important de creuser un profil à la bêche dans au moins 3 zones de la parcelle pour observer la présence de zones horizontales de discontinuité . 
  • En cas de grosses pluies à l’automne, le sol est gorgé d’eau en surface. Il n’y a pas d’oxygène dans le sol, l’activité biologique est au point mort. Il faut faire très attention, en particulier dans des sols lourds (argiles maltraitées, boulbènes). Dans ce cas, il peut être plus judicieux d’attendre l’année d’après pour passer en semis direct. »


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