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Pyrales du maïs : 4 solutions pour éviter les futures pertes

Mis à jour le
27/10/2020
 par 
AgroLeague

Les vols de pyrales et de sésamie ont démarré au printemps et se poursuivent pour atteindre les 100% début juillet sur une grande partie du territoire français.

Leurs larves creusent des galeries dans la tige du maïs et peuvent occasionner des pertes de rendement par la réduction de la circulation de la sève (baisse du PMG), la verse des plants et la chute d’épis. Elles accroissent également le risque sanitaire car les plants attaqués deviennent plus sensibles au développement de maladies fongiques.

En fonction des zones géographiques et du contexte climatique, une ou plusieurs générations d’insectes peuvent se succéder et accroître la pression ravageurs. On peut considérer que les pertes de rendement sont d’environ 7% pour une infestation d’une larve par pied.

Bastien Lamothe, agronome chez AgroLeague sur le secteur Sud-Ouest, nous partage quelques points clés sur les techniques de prophylaxie et de lutte curative pour limiter cette pression ravageurs et accroître la performance du maïs.

La formation en vidéo

Pyrale et Sésamie : comment les reconnaître ?

La pyrale

La larve de la pyrale mesure de 2 à 20 mm selon le stade larvaire. De couleur gris clair, elle présente sur le dos une ligne longitudinale gris foncé.

La sésamie

La chenille a une longueur de 40 mm à développement complet.

Elle est de couleur rose pâle quel que soit le stade larvaire, dépourvue de poils, et présente des points noirs de chaque côté (orifices respiratoires) qui lui sont caractéristiques.

Cycle des pyrales du maïs

Quand est-ce que les premiers dégâts se créent ?

La larve redescend dans la tige à l'automne et se réfugie dans le collet du maïs ou se conserve dans les résidus de cultures (elles résistent aux gelées). Au printemps suivant, le cycle de ces ravageurs est intimement lié aux sommes de températures.

Source: Arvalis

Dans le Sud-Ouest de la France, les vols surviennent vers fin mai-début juin. Les larves se transforment en chrysalides, puis en papillons qui pondent sous les feuilles de maïs. Il s’agit là de la première génération.

Plusieurs générations peuvent se succéder : on parle de pyrales/sésamies univoltines ou plurivoltines. Sur le secteur Sud-Ouest, 2 à 3 générations sont possibles. Plus on remonte vers le nord, moins il y a de générations.

Source: Arvalis

Comment suivre le cycle des pyrales du maïs ?

Le BSV (bulletin de santé du végétal) fait un état des lieux toutes les semaines de l'avancée des vols de sésamies avec des cage de culture et des pièges (lumineux et  à phéromones). Le pic de vol est atteint à 50% de l’émergence.

Tableau prévisionnel pour suivre le cycle des sésamies
Source: Arvalis

Comment anticiper l'impact des ravageurs dans ton secteur ?

La pyrale et de la sésamie sont présentes sur une large part du territoire français et leurs impacts sont autant sur le rendement que la qualité du maïs.

Indice de perte moyenne par zone

La carte suivante permet d'identifier les zones les plus à risque au niveau de la pression des pyrales du maïs. 3 grandes zones se distinguent : Le Sud-Ouest, le Centre-Ouest et l'Est de la France.

Quelles sont les pertes possibles ?

  • Perte de 7% de la production pour une infestation de 1 larve/pied.
  • Risque mycotoxines accru : fusarium graminéarum (production de DON et de zéaralénone). Cela présente un risque pour les animaux d'élevage (le porc en particulier) et/ou la santé humaine si le maïs est destiné à l’amidonnerie par exemple.
  • Baisse de la qualité alimentaire du fourrage : rupture d'alimentation hydrique précoce, mauvais remplissage du grain.

En pratique, ça donne quoi ?

Test pour estimer sa pression N+1 et les dégâts sur la culture

  • Choisir 10 plants de maïs dans sa parcelle au stade remplissage du grain.
  • Couper la plante sur toute sa longueur et compter le nombre de larves présentes (différencier pyrale / sésamie).
  • Regarder l'épi pour identifier la présence de larve. Si oui : égrener l'épi pour compter le nombre de larves (différencier pyrale / sésamie).
  • Identifier la pression :
  • Nombre total de larve pyrale / Nombre de pieds de maïs disséqués
  • Nombre total de larve sésamie / Nombre de pieds de maïs disséqués
  • Nombre total de larve foreurs (sésamie + pyrale) / nombre pied de maïs disséqués
  • Chiffrer les dégâts potentiels : nombre total de larve de foreurs / pieds de maïs * 0,07 * rendement maïs sec = estimation des pertes liées aux foreurs.

Source: Arvalis

Quelles sont les solutions recommandées ?

Le broyage des résidus

Le broyage des résidus aussitôt la récolte passée permet de limiter le potentiel infectieux de la parcelle. Cette opération permet de détruire mécaniquement les larves et de les exposer aux éléments naturels (gel, humidité) ainsi qu'à leurs prédateurs et micro-organismes pathogènes.

Point de vigilance : le broyage de la batteuse n'est pas nécessairement le plus efficace. Le broyage s’envisage plutôt au ras du sol car au moment de la récolte pour détruire les larves qui ont commencé à descendre.

Le sucre

Ces insectes sont sensibles à la teneur en sucre dans la sève : ils ne supportent pas une concentration élevée. Un apport de mélasse ou saccharose couplé à un insecticide peut être préconisé comme levier pour limiter l’attaque de ces insectes. Des essais ont été concluants chez des membres AgroLeague avec des applications de 1L/ha de mélasse à 4-5 feuilles du maïs.

L’avantage de cette opération est son coût : environ 0,02 €/ha.

Un moyen de lutte biologique : les trichogrammes

Ces petits hyménoptères parasitent les oeufs de pyrale uniquement, inefficace sur les sésamies. Peuvent être envisagés 25 diffuseurs/ha tous les 20 m et tous les 25 rangs.

Il existe également la possibilité d’effectuer cette opération par drone.

Les chauves souris

Une étude sur la pyrale a montré une baisse significative du nombre de pyrale. Cet auxiliaire peut consommer beaucoup de lépidoptères nocturnes (dont font partie la pyrale et la sésamie). Sur le riz, le chiffrage du service éco-systémique tourne autour de 25 €/ha. En revanche, un maillage du territoire assez fort est nécessaire avec présence de bosquets.

Il existe également  la possibilité de favoriser les populations de chauves souris avec des "nichoirs" (voir ici l'étude sur les chauves souris).

Les techniques utilisées à l'étranger (non-autorisées en France)

  • Champignons entomopathogène : Beauveria bassiana (homologué au Québec).
  • Maïs OGM "BT" : maïs qui produisent une toxine qui vient de la bactérie (Bacilus Thuringiensis).
  • Stratégie de Push/Pull avec l'herbe à éléphant et le Desmodium

Le coût de ces solutions

  • Broyage : entre 7 et 14 €/ha selon le type d'outil utilisé.
  • Sucre : environ 0,02 €/ha.
  • Insecticides non sélectifs : 25 €/ha (épandage compris).
  • Coragen : 40 à 50 €/ha (épandage compris)
  • Trichogrammes : 38 à 45 €/ha.

La période la plus efficace pour appliquer des insecticides

Pour assurer une bonne efficacité, le positionnement insecticides est la clé de la réussite.

La plupart des insecticides non-sélectifs ont une action uniquement larvicide.

C'est pour cette raison qu'il est important de viser le pic de vol : 50% de l'émergence des adultes + 10 à 15 jours (moment où le maximum d'individus seront au stade « baladeur »).

Positionnement insecticides :

  • Non-sélectifs des autres insectes présents : Karate Zeon, Decis (pyréthrinoïdes).
  • Sélectif (en partie) des autres insectes présents : Coragen (chlorantraniliprole). L'action est également ovicide. Son positionnement est donc plus souple, mais il reste plus efficace s'il est appliqué au stade baladeur des larves.

Conclusion

Les 3 points clés à retenir:

  1. Le pic de vol est atteint lorsque 50% des larves ont émergé
  2. Les pertes occasionnées sont d’environ 7% pour une infestation de 1 larve/pied.
  3. Pour une bonne efficacité de lutte, la gestion se fait préférentiellement sur la première génération (prophylaxie et lutte curative).

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