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Victor

Aveyron

« Je suis issu d’une famille d’agriculteurs de plusieurs générations en Aveyron dans la production de lait de brebis pour l’industrie du Roquefort. J’ai grandi dans la ferme familiale, tenue par mon père associé avec ses parents. Je filais le coup de main, ça m’a toujours plu.

J’ai fait un baccalauréat général puis un BTS ACSE. Lors du BTS, j’ai eu la chance d’assister à une intervention de Sarah Singla sur la thématique de l’ACS. À cette époque, je n’étais pas encore très réceptif à ce discours. J’étais plutôt du genre à dire « ça a l’air bien, mais ça ne marche pas chez moi ».

Sarah nous a présenté le B.A.BA du semis direct et l’intérêt d’implanter des couverts végétaux, avec un discours vulgarisé pour des jeunes adultes de 19 ans. Ça m’a ouvert les yeux sur ce type de pratiques.

Sur la ferme, nous sommes situés sur un plateau avec des argilo-calcaires superficiels, peu sujets à l’érosion hydrique, mais très en proies à l’érosion éolienne. À ce moment, j’ai réalisé que la poussière qui s’en va n’est pas simplement de la poussière, mais notre meilleur sol qui disparaît.

J’en ai parlé à mon père, qui n’a pas été très convaincu sur le moment. J’ai commencé à m’informer sur internet et j'ai convaincu mon père malgré tout d’essayer à petite échelle. Mon père m’a laissé faire car il était conscient que je reprendrais la ferme un jour. Il a donc fallu trouver un semoir. Coup de chance, mon père me dit qu’il a des parts sociales dans une CUMA qui possède un semoir à semis direct. J’appelle la CUMA, je vais chercher le semoir et on tente un semis de couvert multi espèces après moisson. Succession de coups de chance, cet été-là a été le plus pluvieux depuis longtemps.

Voilà que je me retrouve avec un couvert de 2 mètres de haut sur 5 hectares. À l’automne, on détruit le couvert chimiquement puis on sème une céréale en direct. Ça a marché, on a fait une belle récolte. Premier essai concluant ! Rapidement, on a acheté notre semoir SD.

Équipés de notre nouvel outil, on a continué les essais : sursemis de luzernes, couverts végétaux, céréales. D’années en années, on a étendu la surface et voilà 3 ans que l’on est quasiment à 100% en semis direct.

La ferme a 160 ha de SAU. Ma rotation type est la suivante : la luzerne arrive en tête de rotation. Selon son niveau d’implantation, je la laisse en pure. Puis, au bout de 2-3 ans lorsqu’elle se salit, j’y fais un sursemis de ray grass italien ou de méteil. Cela me permet de sortir des grosses premières coupes sans intrants.

Au bout de 5 à 7 ans, je passe aux céréales pendant 3 à 4 ans : j’enchaine blé - orge - triticale et/ou avoine. Après l’avoine, j’effectue un déchaumage superficiel pour implanter un ray grass - trèfle qui me permet de sortir un rendement au printemps.

À l’arrivée de l’été, il arrive que le ray grass soit sec, le trèfle violet est donc la solution pour avoir un sol (cou)vert en été. À l’automne suivant, selon comment a tenu le ray grass, je sursème un méteil dedans, récolté au printemps. Le sol reste couvert l’été.

En septembre, j’y implante un colza fourrager (le ray grass est grillé, il ne reste que le trèfle) que je récolte en vert au printemps. Après un travail superficiel, je reviens sur la luzerne pour fermer la boucle.

Avec ce système, je travaille le sol que tous les 10 à 14 ans. On est sur des sols superficiels mais très riches en matière organique. Quand on ne manque pas d’eau, on arrive à faire des rendements intéressants.

Lorsque Matthieu Perraudin (l’agronome de mon secteur) est venu me rendre visite sur ma ferme, on a observé la structure et on a fait des tests aux champs. Le sol est en bonne santé ! Ça a confirmé ce que je pensais.

Quand j’ai commencé ma démarche, je ne connaissais personne autour de moi dans la même dynamique. J’ai toujours fait les choses dans mon coin, avec internet comme principal outil pour avancer. Je suis arrivé à un moment où je trouve que mon système est bien calé.

Désormais je m’intéresse aux thés de compost oxygénés, aux enrobages de semences, à améliorer la fertilisation et optimiser les passages de phytos. Il y a une tonne d’informations, j’ai du mal à les trier et à savoir comment les appliquer.

Avec Agroleague j’ai un bon support, et avec l’appui des agronomes c’est un vrai tremplin pour y aller. Maintenant que j’adhère à AgroLeague, je suis amené à rencontrer des gens dans la même dynamique que moi. Quand je me déplace aux tours de plaine, je sais que j’arrive un peu chez moi.

Les autres membres Agroleague sont là et je sais que les échanges vont être intéressants. Il y a tellement de leviers qui s’offrent à nous, c’est super stimulant. Il y a des pistes d'amélioration qui sont énormes ! »

Victor, membre AgroLeague en Aveyron (12).

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