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Florian

Doubs

"Mes parents ont quitté la Suisse pour reprendre une exploitation laitière en Normandie au début des années 90. Puis arrive 2009 et la première crise du lait. C’est un moment où, non seulement, on ne gagne pas sa vie, mais où on perd de l’argent chaque jour travaillé. On faisait partie de ceux qui faisaient la grève du lait; on s’est battu pour faire changer les choses. Mais rien n’a changé finalement. Et le déclic est venu en voyant le système classique qui ne bouge pas.

En 2011, on a pris la décision d’arrêter et de reprendre une autre ferme. Ce qui me passionne à la base, c’est l’élevage. On a fait 800 km pour retrouver une exploitation en système herbager avec une valorisation plus certaine, en AOP Morbier et Comté. C’était un peu comme un deuxième départ, avec arrêt de l’ensilage, et une nouvelle race, un nouveau système avec fourrage l’hiver et pâturage l’été.

Mon père s’est installé en 2012, et moi en 2014. On a fait une transition en douceur. Juste avant, je suis parti à l’étranger dans une quinzaine de pays. Ces voyages étaient en partie sac à dos avec la vocation de découvrir l’agriculture des pays, de voir ce qu’il y avait sur le terrain. Ça m’a vraiment forgé sur ce que je voulais et vers où je voulais aller, mon type d’agriculture; dans tous les cas l’idée que j’en ai. Ça m’a renforcé dans l’idée que je ne vois pas d’avenir pour le système conventionnel classique. On essaye de se mettre à pied égal avec le reste du monde alors qu’il y a tellement de disparités et de concurrence déloyale.

En 2017, on est passé en bio. Ça nous a emmené encore plus loin dans la réflexion, qu’on ne cesse de mener de plus en plus loin. La ligne de conduite est l’autonomie. Autant sur des choses basiques comme l’autonomie fourragère, que sur nos prises de décision. On voudrait continuer cette démarche sur le sol, en parallèle de ce que l’on met en place sur le lait. Le passage en bio est assez récent et j’avais à coeur d’avoir une observation neutre avec des analyses de sol, de vie biologique et ce qui va autour de ce qu’AgroLeague propose. C’est le bon moment maintenant pour regarder où sont les points de vigilance pour qu’à l’avenir on continue d’avoir des fourrages de bonne qualité et en quantité suffisante. La démarche est venue de là. Ces 3 dernières années, on n’a pas eu les orages d’été habituels. Du coup, on est aussi dans la démarche de créer un système plus résilient à la sècheresse et l’ACS est une finalité pour nous, tout en étant en bio. L’objectif avec AgroLeague, c’est de faire le point sur les sols et d’aider à cette transition. Il y a des choses à respecter et que tout fonctionne avant d’arrêter le labour. J’ai envie de réussir ma transition vers l’agriculture de conservation.

On aime quand même les défis techniques. En lait, on a initié des choses, on continue d’en initier de nouvelles, et les défis ne font pas peur. Mais l’ACS en bio est un grand défi. C’est complexe et pas encore vraiment abouti. L’ACS est l’agriculture qui peut à la fois capter du carbone et augmenter la fertilité des sols, et la capacité à retenir l’eau. Je ne peux pas passer à côté de ça dans la démarche dans laquelle on est avec la ferme, ça va de soi. C’est de la symbiose finalement, trouver un équilibre, entre la nature, les animaux et le sol. Ce que je fais sur la ferme est 100% aligné avec mes convictions. Tout ce qui me tracasse, j’essaie de le changer.

Florian, membre AgroLeague installé dans le Doubs

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