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Bruno

Tarn

"Je suis intéressé par la ferme depuis que je suis petit, surtout l’élevage. Mon père avait un élevage laitier. J’ai fait des études agricoles puis j’ai tourné à droite à gauche avec des stages et des voyages à l’étranger. Mon projet d’installation était de préparer le départ de mon père, de moderniser l’élevage et de faire du lait. L’installation ne s’est pas passée comme prévue. La modernisation m’a mis en graves difficultés financières. Avec l’expérience, je me suis rendu compte que plus on fait simple, "KISS - keep it simple and stupid" comme on dit en anglais, mieux c’est. Mais une fois que tu as fait des investissements, c’est difficile de revenir en arrière.

Je me suis rendu compte de ça en faisant des voyages avec un groupe d’éleveurs européens. On visitait des fermes pour comprendre leurs systèmes. Savoir ce qui se passe ailleurs, voir des gens optimistes qui se prennent pas la tête, des systèmes totalement à l’herbe, des pâturants (ou intensifs). Chacun adapte son système avec ses solutions.

Du coup, j’ai simplifié petit à petit, l’élevage et les cultures; je me suis intéressé à l’ACS.

En 1996, mon père a commencé avec du « semis direct » sans couvert mais ça ne marchait pas bien. Depuis 5 ans, je me suis intéressé à remettre l’agronomie au coeur du système avec des couverts, régénérer les sols avec la matière organique. Avec des systèmes plus résilients et simplifier, surtout simplifier.

Les résultats sont très importants, ça change du tout au tout, ça va vite. Je fais aussi beaucoup d’analyses, et on monte de 0,3 à 0,5 de MO par an. C’est très mobile mais ce n’est pas gravé dans le marbre. La régénération peut aller très vite mais peut aussi se dégrader très vite. Tous les ans, c’est presque remis en jeu. Les connaissances évoluent vite, on comprend mieux les sols. Avec les analyses de sols et de sève, la trajectoire devient plus claire; on comprend beaucoup de choses.

L’erreur pour moi était la compaction. Mes champs était agressés. L’aspect compaction des sols est un pilier très important dans l’ACS. La première des choses est de ne pas tasser les sols. Je fais tout moi-même pour garder cette sensibilité. Maitriser toutes les interventions qui ont lieu dans son champs, c’est très important. Le sol accepte les accidents jusqu’à un certain point. Il ne faut pas le sous-estimer.

Quand tu pars dans des systèmes comme ça, il y a très peu de personnes qui sont dans des raisonnements similaires. Du coup, avec AgroLeague, rencontrer des gens qui ont les mêmes problématiques permet d’avancer. L’aspect technique est dans l’évolution des connaissances. On est aussi partis aux US sur le SD. On a visité des fermes en élevage, j’ai pris conscience de l’extreme nécessité d’avoir des systèmes simples, avoir un objectif de stocker du carbone, faire de l’environnement. Il ne faut pas s’enfermer dans des raisonnements (souvent règlementaires) qui t’empêchent de faire évoluer ton système. Ça bloque toute initiative et t’enferme dans des culs de sac. Il peut y avoir des raisonnements différents mais qui marchent. Tout mon parcours en élevage m’a permis de voir qu’il n’y avait pas qu’un choix. Quand tu as engagé des investissements, tu es obligé de prendre des directions fortes, de ne rien considérer comme acquis et de toujours faire bouger son système. De ne rien s’interdire et de ne pas dire « on a toujours fait comme ça ». J’ai toujours de l’élevage et je vais passer sur un système pâturant très simple. Je suis en culture SD avec des couverts et la pâture qui s’intègre au milieu des cultures céréalières.

Ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est qu’on a un impact sur le climat, sur la partie piège à carbone. C’est la seule solution (réaliste mentionnée dans le rapport du GIEC). C’est à nous de faire et de proposer (à la société). Ça va dans le sens d’une agriculture résiliente et qui apporte des solutions avec des objectifs communs."

Bruno, installé dans le Tarn

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