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Antoine

Manche

"On est la 3e génération sur l’exploitation. Je me suis installé en GAEC avec mon père avec un élevage de porcs sur paille en 2008. Papa était sur démarche Label puis on a fait le choix de s’orienter sur paille, sans antibio, pour aller plus loin sur les marchés à haute valorisation. Avec l’élevage, on a toujours eu un lien assez fort avec le sol. L’objectif sur l’exploitation est de rester à taille familiale tout en allant chercher l’autonomie au maximum. C’est ça qui me guide et je suis en train de boucler la boucle avec la valorisation des céréales dans l’alimentation de mes cochons.  

L’agriculture de conservation des sols est arrivée là-dedans. J’ai commencé à m’y intéresser en 2010-11. Voir qu’on peut être capable de faire tant de choses avec un minimum de travail de sol et d’intrants. On se dit « pourquoi pas nous » ? Mon père va partir à la retraite alors l’idée de réduire le temps de travail me plaisait. Je me suis dit que si je partais en semis direct, j’allais passer moins de temps, être plus économe, utiliser moins d’intrants, avoir moins de charges de structure et rationaliser à fond le matériel. On a commencé à mettre en place du travail simplifié il y a 4/5 ans, puis le SD il y a 3 ans. Même si je pense avoir parcouru un bon morceau du chemin, j’en ai encore beaucoup à apprendre. J’adapte à nos conditions pédo-climatiques, j’applique les règles de base pour ne pas me planter. J’essaye de tout faire si possible sans labour. En fonction des structures ou cultures, je suis contraint parfois de réutiliser la herse ou le décompacteur. J’ai pas envie de m’enfermer dans le dogmatisme. Je valide la pratique dans tous les sols. J’ai des sols de limon-sableux à limoneux avec des parcelles argileuses hydromorphes; dans ces dernières, jamais j’aurais pensé faire un colza dedans. J’ai essayé et ça a marché. Le côté économique me faisait peur au début, de ne pas avoir une culture qui aille au bout, et qui ne développe pas autant de marges qu’en conventionnel. Et puis petit à petit tu vois que ça part bien quand même. J’ai aussi appris qu’il ne faut pas forcer les choses, quand on force on est déçu. Je ne pense pas passer en bio car je reste partisan d’avoir une boite à outils complète. Je ne les utilise pas forcément tous mais je les ai à ma disposition. Je ne veux pas m’enlever une partie des outils dont je pourrais avoir besoin. C’est pas pour autant que je ne vais pas m’intéresser à l’enrobage de semences, aux TCO…

J’ai aussi intégré un GIEE. On est 19 éleveurs, tous dans la Manche, avec des conditions très différentes du nord au sud. C’est intéressant d’échanger là-dessus. Certains ont 20 ans de recul sur le SD et d’autres, comme moi, qui se sont lancés il y a quelques années. Ça amène de la diversité dans les échanges. C’est ce qu’on peut retrouver aussi chez AgroLeague. Ça permet de se rassurer et de tenter des choses qu’on aurait pas tentées si on était seul. Il y a des choses pour lesquelles on va hésiter, et le fait d’avoir du monde autour de nous, ça nous encourage à tester, à se dire que si d’autres on réussit et que si les conditions sont réunies, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas.

C’est ma première année chez AgroLeague et ce qui m’a plu, c’est le côté analyses de sol/analyses de sève et tous les échanges à côté et qui sont supers intéressants. L’idée de se baser sur des résultats pour savoir quoi corriger dans notre parcelle, on n’y va pas à l’aveugle, ça me convient; on mesure, on teste, on analyse et après on fait en fonction. Ça me parait beaucoup plus cohérent. C’est dans cet esprit là que je veux aller tout en essayant d’être le plus autonome possible.

Aujourd’hui, je suis content d’aller dans mes champs. Quand je vois un semis dans un couvert qui fait 50 cm de haut avec plein d’espèces de plantes différentes et qu’on a une trentaine de vers de terre dans la bêchée, là on se dit qu’on fait quelque chose de bien. On a le sol qui est structuré par les racines. D’aller dans les champs aujourd’hui encore en sortie d’hiver, on voit les turricules des vers de terre qui sont  partout à la surface du sol, on voit que ça fonctionne et que ça marche. Après j’ai encore certaines lacunes sur certaines parcelles, et c’est là aussi qu’il faut savoir prendre le temps et écouter son sol. J’admire ce que peut faire la nature, ça m’embête de rater des choses et quand ça bloque car on a l’impression de rater une étape et ralentir la conversion de la parcelle; mais quand ça fonctionne c’est jubilatoire parce qu’on a pas fait grand chose au final, on a juste mis des graines en place, et puis on a une structure de sol qui est magnifique et on se dit qu’en un coup de semis, c’est fait. Là, on se dit qu’on a réussi de belles choses."

Antoine, membre AgroLeague installé dans la Manche

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