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Anthony

Charente-Maritime (17)


« Je me suis installé en 2000. Mon père avait 30 ha en fermage qu’il m’a cédés et j’ai racheté une ferme d’une trentaine d’ha à 15 km de la maison. Je faisais également de l’ETA à côté de la ferme. 

Je n’ai presque jamais labouré. J’étais en TCS avec du matériel en copropriété avec 3 jeunes, on travaillait surtout au déchaumeur. On a essayé plusieurs types de semis, notamment avec le Rau Combisem. Ce n’était pas trop mal mais pas parfait dans toutes les situations. 

Dans les années 2015, j’ai commencé à avoir de sérieuses problématiques de compaction. En mettant un coup de fourche, j’avais des parcelles avec un plancher dur comme du béton à 15-18 cm, au-delà duquel les racines n’allaient pas. Ça correspondait à la profondeur du travail du sol. J’avais également de gros soucis de salissement. J’étais arrivé au bout de mon système. À ce moment, j'ai commencé à penser qu’il fallait trouver une solution. 

Avec internet, il y avait pas mal d’informations qui circulaient. J’y ai découvert l’agriculture de conservation, et notamment le semis direct sous couverts. Cette technique m’a interpellé. On a formé un groupe local d’agriculteurs interpellés par ces techniques et on a commencé à rencontrer des gens dans ce système, des gens qui essayaient de copier la nature pour s’en imprégner. Un sol couvert travaille en permanence : le champ vit, la structure s’élabore sans que l’on intervienne. Après plusieurs échanges avec des ACistes, je me suis dit « il n’y a pas à tortiller, il faut faire des couverts ». 

Mais il faut mettre les bons couverts au bon moment, il y a des étapes à ne pas négliger. Ensuite, il faut semer dans le couvert donc il faut un semoir adapté qui puisse semer dans le couvert. On voit les résultats chez d’autres, on écoute les gens qui pratiquent, mais il faut franchir le pas. Et là, il y a tous les voisins qui demandent « mais dans quoi tu t’embarques ? ». Toi, tu es convaincu donc il faut y aller. Il faut faire ses preuves. 

Je n’étais pas prêt à mettre 100.000 € dans un semoir. On est dans une démarche d’économi et il n’y a pas de semoir parfait. Avec 160 ha, on ne peut pas se permettre d’avoir un semoir à disques et un semoir à dents neufs. J’ai eu la chance de trouver un semoir à disques SD4000 KUHN d’occasion sur le marché pour 15.000 €. Ce n’est pas la perfection dans toutes les situations, mais il passe partout. J’en suis satisfait. J’ai ensuite auto-construit un semoir à dents pour l’été. J’avais un Vibroflex, j’y ai mis une trémie frontale avec double doseurs (engrais et semences). L’ensemble m’a coûté 20.000 €. 

La clé de voûte du semis direct c’est la réussite des couverts. Généralement, lorsque l’on réussit un couvert, derrière c’est joué. J’implante des couverts multi espèces : sorgho fourrager, radis, sarrasin, tournesol, phacélie. J’achète le radis et la phacélie. Le reste est produit sur la ferme ou échangé avec d’autres agriculteurs du secteur. Il faut que le couvert reste économique.  

Cela fait 4 ans maintenant que je suis en semis direct. Si c’était à refaire, je repartirais à 300% dans le système ! Ce que j’apprécie avec ce type d’agriculture, c’est que l’on retrouve du bon sens paysan et on reprend la main sur notre métier. C’est super intéressant ! Je pense que le plus important, c’est de rencontrer des gens qui pratiquent et s’imprégner de leur expérience de façon à ne pas répéter les mêmes erreurs chez nous. On a l’avantage de pouvoir profiter de l’expérience de ces gens-là. Les pionniers n’avaient pas le retour que nous avons d’eux. C’est ce qui fait qu’on peut avancer plus vite qu’eux à l’époque où ils ont démarré. C'est une chance et une richesse qui s’offrent à nous. Regarder des vidéos sur internet c’est bien, mais il faut aller voir les gens qui pratiquent et poser les bonnes questions. C’est l’échange qui nous fait avancer. Il faut s’entourer des bonnes personnes. 

J’aime le dynamisme qu’il y a dans l’équipe d’AgroLeague. Il y a tellement d'informations à prendre. C’est de l’information qui fait avancer. Généralement, quand on se pose des questions, on se rend compte que l’on n’est pas les seuls à se les poser. Le système correspond complètement à mes attentes. » 


Anthony Marrier, membre AgroLeague en Charente-Maritime (17)


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