Hervé | Somme

"Quand on a 20 ans, 40 ans ou 60 ans, on n’a pas les mêmes objectifs. Pour moi aujourd’hui, le plus important est de mettre mes connaissances dans l’agronomie, de comprendre mes sols, qu’ils fonctionnent bien, et de pouvoir transmettre une exploitation viable aux enfants malgré le changement climatique et les problèmes environnementaux. C’est pour ça que j’avance dans une pratique agro-environnementale."

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"Depuis que j’ai repris l’exploitation de mon père en 2011, il y a eu des mauvaises années qui ont fait réfléchir. La météo qui est de plus en plus difficile dans le temps et on ne sait jamais à quel prix on va vendre nos produits. L’objectif, c’est donc d’arriver à maitriser ses charges, peu importe les conditions. C’était vraiment une problématique très importante pour arriver à dire que je ne pouvais pas continuer comme ça, et le moteur du changement de mes pratiques.

La particularité est que nous avons 2 exploitations à 80 km de distance, toutes les deux en cultures industrielles (pommes de terre, betteraves et légumes), des systèmes différents, avec des problématiques différentes. Comment arriver à produire des cultures industrielles tout en maitrisant les pratiques agro-environnementales, notamment sur les pressions insectes, le désherbage et les maladies ? Arriver à trouver des variétés qui correspondent à son territoire, maitriser la matière organique de son sol pour avoir des sols les plus fonctionnels possibles et un système plus résilient par rapport à mes objectifs.

L’objectif d’une exploitation est de pouvoir quand même vivre de ce qu’on fait. Arriver à maitriser ses coûts passe par une connaissance approfondie pour prendre les bonnes décisions pour sa ferme, et retrouver son indépendance. On a peur de faire mal, du coup on ne veut pas trop changer ses méthodes. C’est difficile d’avoir du recul par rapport au conseil technico-économique qu’on a de l’extérieur, on a plus de repère dans la façon de produire à l’efficience. Aujourd’hui, l’objectif est de dire qu’il n’y a pas de recettes magiques, il faut adapter par parcelle, par culture.

Je suis passé par des hauts et des bas mais j’ai pu évoluer rapidement dans mes pratiques. J’ai mis les choses en place petit à petit et on a vu que ça fonctionnait. Et la différence s’est faite au niveau économique, du coup, quand on voit qu’on maitrise son exploitation et qu’on a d’autres résultats à la fin par rapport à ce qu’on faisait avant, on peut se dire qu’on est sur le bon chemin. Pour avancer vite techniquement, j’ai fait des formations à droite, à gauche. Je fais aussi partie d’un GIEE et de différents groupes. L’objectif est d’arriver à trouver un groupe qui rassemble ce que j’avais déjà appris au niveau agronomique et technique, et de pouvoir évoluer plus rapidement. Le contenu technique chez AgroLeague, notamment avec les réunions, synthétise beaucoup de points qu’on peut mettre du temps à apprendre. C’est difficile de bien cerner les choses pour arriver à avancer. J’ai eu des soucis avec le travail du sol, que je voulais atténuer mais dans ces systèmes là, c’est compliqué; les sols ne sont pas forcément tout de suite prêts. Il fallait se focaliser au départ sur l’agronomie en général pour avoir un sol qui fonctionne bien avec une porosité adéquate, une bonne structure, pour arriver à avoir un fonctionnement correct au niveau chimique et biologique. Le but est d’arriver à maitriser ces 3 aspects là pour avoir des choses intéressantes en termes de réduction des phytos, et des rendements qui soient corrects. L’objectif est d’avoir des cultures en bonne santé, de maximiser les couverts végétaux; d’avoir un sol qui soit optimal dans le sens où la plante est toujours en bonne santé, même si le travail du sol dans notre système malheureusement, reste important pour arriver à maitriser l’optimum d’une culture. Arriver à bien faire fonctionner son exploitation tout en prenant le moins de risques possibles.

Quand on a 20 ans, 40 ans ou 60 ans, on n’a pas les mêmes objectifs. Pour moi aujourd’hui, le plus important est de mettre mes connaissances dans l’agronomie, de comprendre mes sols, qu’ils fonctionnent bien, et de pouvoir transmettre une exploitation viable aux enfants malgré le changement climatique et les problèmes environnementaux. C’est pour ça que j’avance dans une pratique agro-environnementale."

Hervé, membre AgroLeague installé dans la Somme

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